Curieusement, en 1972, le destin me plaça en demeure d'aider deux de mes camarades aux prises avec 18 hommes armés de rasoirs.
Ma pratique martiale de l'époque, y compris du " Close - combat ", n'était que trop basique, pour oser imaginer me tirer d'affaire d'une telle situation.
Pourtant, sans crainte-aucune, je me suis placé entre mes deux camarades et promptement, par une technique qui surgit de moi-même, sans que je n'y prenne garde et qui évita que le rasoir ne tranche la gorge de mon frère d'arme. A cet instant, une vibration particulière s'instaura et je sentis dans ce groupe d'hommes armés, rompus aux combats avec couteaux et rasoirs, qu'ils tenaient dissimulés le long de leurs jambes, que les techniques martiales, quelles qu'elles soient ne suffiraient pas. En effet, quelque temps auparavant, ma mère m'avait relaté une triste anecdote concernant un de ses amis, visiteur médical, diplômé de plusieurs dan de Karatedô et qui voulut protéger sa valise professionnelle, face à trois intrus armés de rasoirs. Certes, il conserva la malette et empêcha ses hommes de lui dérober mais ce fut au prix de blessures épouvantables au visage qui le défigurèrent à vie.
C'est vous dire que, me retrouver à l'âge de 19 ans, face à une bande de gens résolus, armés de rasoirs qui n'étaient pas trois mais 18, intérieurement, je ne me faisais aucune illusion sur nos chances.
Le second frère d'arme qui était un spécialiste de boxe, voulut déployer son savoir mais là-aussi, une force étrange me fit lui appliquer violemment une tehnique pour le scotcher au mur et lui éviter, à lui aussi, un coup de rasoir mortel.
Certes, nous allions être tous les trois blessés gravement, mais à ce moment-là, une force encore plus étrange me fit dire à tous ces hommes que si tel était le cas, aucun d'eux ne se sortiraient vivants de cette confrontation. Ma conviction fut telle qu'ils replièrent leurs rasoirs et sortirent de cette salle de danse de Lorient dont le patron me demanda aussitôt de travailler pour lui !
Aujourd'hui, je peux vous partager que ce genre de situation, j'y ai été confronté plusieurs fois. Comme en 1985 au Liban, dans mon poste d' observation de la colline 888, située à 6 mètres d'une tranchée musulmane Druze, dans la montagne libanaise.
Mais je puis vous dire que l'Esprit de la 4ème Dimension du Karatedô, du Samuhara no Bû fut véritablement à mes côtés dans ces moments où l'intégrité de ma vie fut menacée.
S'agissant du rapport à la mort, j'ose souligner, avec force, combien nous avons tous tendance à relier nos fins de vie respectives, tantôt à la fatalité, mais aussi à ce " hasard " qui n'en est jamais un. Aussi, en ce mois de décembre 2024, je m'incline plus que jamais, à la pensée de cette 4ème Dimension du Karatedô de Maître Kase car je pus constater par moi-même, le lien direct établi avec "Shimei ", la mission d'Existence.